Édition 2018

2014, 2016, 2018…
Nous voilà arrivés à notre troisième  Kabarliv/Kabarlire la kréolité
et son Salon du livre des mondes créoles.

« L’ici, l’ailleurs, l’universel »

Voilà l’idée directrice de notre programme 2018.

Pour développer cette idée, avec Michaël Ferrier, Réunionnais, professeur d’université au Japon, écrivain, nous réfléchirons à ce que l’on appelle la Créolité. Où commence-t-elle ? Où se termine-t-elle ? Que veut-elle dire ? Qu’est-ce qu’elle dit ? Que lui fait-on dire ?

Avec Fabienne Kanor, écrivaine de la Martinique, grande itinérante de la littérature, nous partagerons son combat créole pour la liberté et l’honneur de toutes les femmes.

Cela dit,  dans les pays créoles, qu’est-ce qui représente « l’ici », « l’intime » autant que les énigmes populaires ? La preuve en est que des Mauriciens disent : « Les devinailles ? C’est nous qui les avons créées. Elles s’appellent « sirandanes » ».

Ce à quoi les Réunionnais rétorquent : « Non ! C’est nous qui les avons inventées. D’ailleurs leur vrai nom est « Kosa in shoz ?»

Pour les Seychellois : elles sont à eux  et s’appellent « sanpèk ».

Pour les Antillais, leur vrai nom est « tim-tim ».

Les Guyanais ont inventé le « massak »…

Pour tous les peuples créoles, ce sont eux et eux seuls qui ont inventé les devinailles et en sont propriétaires.

Macache ! Ces énigmes populaires, comme nous l’avons dit, existent dans tous les pays créoles ! Que dans les pays créoles ?! « Quatre pates » muntues su « quatre pates » […]. « quatre pates » s’en vat. « quatre pates » rèchte. Qu’ét o ? » N’est-ce pas identique à notre : « kat-patte » dessi « kat-patte », « kat-patte » i sava, kat-patte i rèste ? (le chat qui quitte la table). C’est une devinaille qui vient de Poitou-Charentes. Donc en cette langue régionale de France hexagonale, il y en a aussi ! Et dans d’autres !  Et aussi en allemand, en anglais en swahili (dans les différentes langues bantoues), en wolof, en russe, en malgache, en comorien, en grec…

En parlant, la première devinaille connue n’est-elle pas grecque ? C’est celle que le sphinx a posée à Œdipe (et s’il n’avait pas la réponse, il l’aurait mangé). « Qui le matin marche sur quatre pattes, le midi sur deux et le soir sur trois ? » Œdipe lui a répondu : « les humains ». Désespéré (la réponse était bonne) le sphinx est allé se jeter du haut de la falaise.

Ainsi les devinailles sont universelles ! Pour cette raison, nous avons invité des spécialistes de partout, de La Réunion, comme de l’extérieur. C’est la première fois qu’ici, à  La Réunion – et peut-être même dans le monde – il y a autant d’experts de ces énigmes populaires réunis. L’un vient des Comores (Mahamoud M’Saïdie) ; l’autre de la Guadeloupe (Lukuber Séjor), l’autre encore de la Guyane (Pierre Apollinaire Stephenson), le quatrième de l’Île Maurice (Arnaud Carpooran), la cinquième de Poitou-Charentes (Maryvonne Barillot), Luc Clair nous vient de Rodrigues, Andreix Rosalie des Seychelles. N’oublions pas La Réunion ! L’un de nos grands amis expliquera nos propres énigmes populaires. Vous le connaissez sûrement. Kosa in shoz ?Il a écrit une foule de livres. Il est blanc et noir ; chinois et cafre ; il a les cheveux droits et crépus… 


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